Episode 52 - Alors que le décor avance progressivement, le module s'encrasse dramatiquement. Il devient urgent de terminer le show-case en lui construisant son toit et sa façade.

Depuis le début des travaux, le module a été laissé à l'air libre afin d'en faciliter l'accès pour réaliser le décor (photo 250 ci-dessous). En milieu urbain, cerné de nombreux chantiers de BTP, la poussière encrasse le module à la vitesse d'un TGV. Si à cela on ajoute la présence d'un adorable labrador noir au sein du foyer, il devient urgent de fermer le show-case pour protéger le décor de la poussière. Et des poils de chien.

letraindemanu (250) showcasePhoto 250 : Le module avant la finition. Source : letraindmanu sur Canalblog

Je me décide donc à construire le toit et la façade du module 1 "Z.I. Nord".

Matériaux nécessaires

- Le toit n'a pas vocation à supporter du poids. il sera donc réalisé avec une simple planche de contreplaqué ordinaire de 3 mm. Si vous envisagez d'utiliser cette future surface pour ranger du matériel roulant, optez pour du 5 ou du 10 mm d'épaisseur, mais cela va alourdir l'ensemble. La dimension de la plaque est de 202 x 50 cm. 

- La façade est également fabriquée avec du contreplaqué de 3mm. Sa dimension est de 202 x 36,5 cm. En effet, le module repose actuellement sur des tréteaux et non sur ses piétements définitifs. La façade sera travaillée à la scie sauteuse et peinte avec une peinture acrylique pour usage intérieur.

Du pléxyglass servira de couvercle transparent à l'ensemble. J'ai donc opté pour du Polyglass (produit par SEDPA et distribué chez Leroy-Merlin, mais il existe d'autres produits similaires) de 4 mm d'épaisseur. En achetant ce type de produit, il faut être très vigilant sur l'état des deux surfaces. Elles sont en principe protégéees par un film plastique. Il ne doit y avoir aucune rayure, car c'est un matériaux très fragile. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai opté pour deux ouvrants de 1 mètre chacun au lieu d'une seule plaque de 2 mètres : En cas d'accident sur le Polyglass, le remplacement peut être partiel. D'autant que c'est un produit qui coûte cher.

L'option d'une vitrine en verre n'a à mon sens d'intérêt que pour un module terminé et qui n'a pas vocation à être déplacé. Deux vitres montées sur glissière à roulement à billes sont une alternative. Pour autant le Polyglass monté sur charnières permet, en position haute, de dégager complètement le module et donc de profiter pleinement du son des engins digitalsound. Le Polyglass est aussi bien plus facile à travailler avec du matériel basique.

letraindemanu (251) plan voies module hoPhoto 251 : Dernière vue aérienne du module avant la finition du show-case. Source : letraindemanu sur Canalblog

- Des charnières, quatre au total, permettront la fixation des plaques de Polyglass sur la toiture. J'avais initialement prévu une charnière piano sur toute la longueur, mais les dimensions ne me convenaient pas. De plus le Polyglass de 4mm est lourd, j'ai donc opté pour des charnières plus grosses, de taille 10 x 5 cm. Les trous de fixation, 6 par charnière, sont d'un diamètre de 4mm.

- Les vis : Il faut douze vis à bois pour fixer les charnières sur le toit et douze écrous à tête coniques avec boulons pour fixer le Polyglass aux charnières.

- Des aimants : De petite taille, il s'agit d'aimants de forme rectangulaire pour porte de meubles. Il en faut quatre. ils seront fixés à chaque coin inférieur des plaques de Polyglass. 

- Des boutons de tiroirs : Il en existe de toutes sortes, du plus économique au plus onéreux. Il en faut quatre qui seront fixés sur la face externe du Polyglass à la hauteur des aimants. Choississez un modèle basique pas cher. Vous pourrez toujours les changer plus tard quand tout le module sera fini.

- Du joint mousse : Initialement prévu pour les joints de portes ou fenêtres, il faut choisir du joint auto-adhésif d'épaisseur 1-4 mm et de 1 cm de largeur. Longueur nécessaire 5 m. Ce joint sera fixé sur le pourtour de la façade, il faut donc impérativement choisir un joint d'une couleur proche de la teinte prévue pour la façade. Pour ma part je l'ai choisi en noir.

- Pâte à bois : Un petit tube de 60gr pour boucher tous les orifices des vis de fixation de la façade et ainsi les faire disparaitre après peinture.

- Peinture de façade et du toit : Il faut bien choisir la teinte de la peinture de façade. Ce choix dépend des goûts de chacun. Il faut également tenir compte de l'environnement du réseau. Surtout s'il n'est pas installé dans une pièce dédiée, il faut s'adapter aux teintes des autres meubles. Dans ma pratique antérieure, j'utilisais exclusivement le noir. Le rendu est impécable car, tel un film en 16:9, les bandes noires orientent le regard. Cette couleur avait donc ma préférence. Mais, sur un certain nombre de réseaux présentés en exposition ou dans la presse, le vert "herbe" a fait son apparition ces dernières années. Cela augmente artificiellement la profondeur du module perçue par le spectateur. Tout est possible,ou presque. 

Pour ma part, j'ai opté pour un "Gris zingué n°1" de chez Luxens, cette teinte me semblant plus proche de l'univers un peu grisâtre de ma zone industrielle péri-urbaine. Cela reste une teinte foncée qui va guider l'oeil du spectateur. Cette couleur reste par ailleurs assez neutre, contrairement au vert, si je souhaitais par la suite réaliser une extension différente (module hivernal par exemple).

Il faut de toute façon choisir une teinte facile à retouver à l'avenir pour d'éventuelles retouches ultérieures. Compte-tenu du nombre de couches à appliquer, il vous faut un pot pour dix à quinze mètres carrés.

Le budget

Cette tranche de travaux représente un budget non négligeable. Il faut compter une vingtaine d'euros pour chaque planche de contreplaqué découpée aux dimensions souhaitées. Le Polyglass est un produit coûteux puisque j'ai déboursé 90 € pour les deux plaques. Les pots de peinture de 0,5 l coûtent près de 13 € chacun. Avec les charnières, les vis, les aimants, les boutons et les joints, le budget de cette tranche de travaux s'élève à environ 250 €. Mais c'est un poste de dépense incontournable tant pour la protection du futur décor que pour une intégration réussie du module dans son environnement. Cela est d'autant plus important si vous envisagez une future présentation en exposition.

La façade

Je commence cette phase de travaux par la réalisation de la façade. Le premier travail consiste à tracer la découpe de la fenêtre. Pour se faire, je fixe ma plaque provisoirement à son emplacement définitif. Je perce deux trous de diamètre 2mm en haut à chaque extrémité, fraise le perçage et visse la plaque. Ces deux trous serviront de repère pour le montage après les travaux. Avec un crayon à papier, en passant par le toit, je trace les contours internes de la découpe. C'est la partie basse de la future fenêtre qui nécessite le plus de soin puisqu'il faut se placer précisemment à ras des sols : Cour pavée, route, trottoirs, quai futur au premier plan, emplacement du signal (Sémaphore unique de sortie Ouest), ainsi qu'un petit monticule qui va masquer, au moins partiellement la sortie Ouest.

Les traçages latéraux sont de 10 cm et permettent de cacher les tasseaux latéraux. Le traçage supérieur est de 11 cm. Il permet de masquer le tube néon et le raccord du toit pour un réseau dont le toit de la halte sera au niveau des yeux sur le piétement définitif. Ce bandeau supérieur peut être un peu réduit si le réseau est plus bas. 

letraindemanu (252) showcasePhoto 252 : Traçage des lignes de découpe de la façade. A noter que ce traçage est marqué sur la face interne, on travaille donc en négatif. Source : letraindemanu sur Canalblog

La hauteur de 18cm de la fenêtre accentue ainsi la perception : le module paraît plus long.

Le pannau est ensuite démonté puis le traçage définitif surligné au stylo à bille. Les dimensions sont contrôlées avec sérieux, car toute erreur sera irrémédiable.

Règles de sécurité avec la scie sauteuse

Comme je vais travailler avec la scie sauteuse, il est important de rappeler à nos plus jeunes que ce type d'outillage dangereux se débranche de la prise électrique systématiquement après usage, y compris entre chaque coupe, pour éviter tout démarrage intempestif. La pose de la lame se fait appareil débranché, cela va de soit. La lame choisie doit correspondre au matériau découpé. La découpe se réalise sur une surface stable, de préférence un établi, de préférence avec des serre-joint pour éviter tout ripage. Le port de lunettes de protection est indispensable pour protéger les yeux en cas d'éjection de projectiles, y compris la lame qui peut se briser ou se désengager de son logement. Le port d'un masque est recommandé en particulier pour les asthmatiques. 

La découpe

Quelques trous de gros diamètres sont percés en plusieurs endroits de la fenêtre centrale pour permettre l'introduction de la lame de la scie sauteuse : Avec prudence et pas trop près de la ligne de découpe pour éviter les éclats de bois sur la surface de la façade. La fenêtre est découpée à la scie sauteuse avec une lame fine pour le bois. La découpe terminée, tous les pourtours sont poncés au papier de verre à grains fins pour éliminer toutes les échardes. Puis je ponce, avec le même papier de verre, la surface externe à peindre. La surface doit être soyeuse au toucher. Je termine par un bon coup d'aspirateur pour néttoyer tant l'espace de travail que la sciure sur la planche elle-même.

letraindemanu (253) showcase

letraindemanu (254) showcasePhotos 253 & 254 : La façade découpée est positionnée à blanc avant mise en peinture. Notez les découpes en particulier au niveau de la route et des trottoirs. Source : letraindemanu sur Canalblog 

Arrive la phase de peinture. Elle nécessite plusieurs jours de travail, car il faut compter douze heures minimum entre chaque couche.

Contrairement à ce qui est indiqué sur la notice, je réalise toujours la première couche un peu diluée (2/3 peinture, 1/3 diluant). Ici, il s'agit d'une peinture acrylique, donc je dilue à l'eau. Le bois absorbe ainsi mieux la teinte. Deux autres couches non diluées sont appliquées à une demie-journée d'intervalle. Je réalise un léger ponçage entre chaque couche, ce qui améliore le rendu final.  

Il faudra trois couches au total avant fixation.

A suivre.

Emmanuel

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