Épisode 18 - Me voici parvenu à la phase délicate du ballastage des aiguillages élancés en voie K. C'est une opération délicate et donc une bonne opportunité pour vous évoquer la "Loi de Murphy" plus connue sous le nom de "Loi de l'emmerdement maximum".

La "Loi de Murphy" est un précept initié en 1949 par le capitaine Edwards Murphy au détour d'une expérience scientifique américaine. Plutôt utilisée dans les milieux de l'ingénieurie et de l'informatique, elle trouve néanmoins de nombreuses applications dans la vie courante. Mais si ! Vous savez, quand "la file d'à côté avance plus vite que la votre, alors-même que vous venez de changer de file". Et bien, le modélisme ferroviaire n'y échappe pas. 

On pourrait résumer ainsi cette loi empirique - validée par l'expérience mais qui ne repose sur aucune base théorique - par la formule suivante. Je n'en indique ici que la version la plus communément admise : "If it can go wrong, it will", que l'on peut traduire ainsi : "Si  quelque chose peut mal tourner, alors ça tournera mal". Ou encore " S'il existe plusieurs façons pour les choses de mal se passer, c'est celle qui fera le plus de dégâts qui se produira.

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Photo 58 : Loi de Murphy, illustration. Source : internet http://www.pourton.info/2012/02/22/loi-de-murphy/

Et vous allez rapidement vous en rendre compte, cette forme de pessimisme érigé en dogme, se concrétise bien souvent dans notre pratique de modéliste. En voici quelques exemples :

• C'est toujours au moment du montage que l'on constate une erreur de conception ;

• Plus le montage est compliqué, moins vous avez de chance que la notice soit en français ;

• Si vous avez rangé un outils avec lequel vous êtiez sûr d'en avoir fini, vous en avez immédiatement besoin.

• C'est toujours la référence dont vous avez le plus besoin qui est en rupture de stock ;

• La probabilité d'être à votre domicile pour la livraison d'un colis est inversement proportionnelle à la valeur du colis ; 

• L'édition limitée tant convoitée est toujours vendue au moment où vos finances sont les plus contraintes ;

• La probabilité de panne d'un composant est inversement proportionnelle à sa facilité de réparation ou de remplacement ;

• Le risque de panne d'un aiguillage est proportionnel à son inaccessibilité ;

• Si un aiguillage tombe en panne, c'est toujours sur la voie principale ou sur l'itinéraire le plus utilisé ;

• Si un train déraille, ce sera toujours au plus mauvais endroit et en causant le plus de dégâts ;

• La probabilité de destruction d'un matériel est proportionnel à sa valeur ;

• Une locomotive tombera toujours en panne après avoir satisfait aux contrôles-qualité ;

• Si un appareil peut présenter des pannes connues et réparables, l'appareil présentera toujours une panne que le réparateur ne sait pas réparer ;

• La probabilité de perdre une vis est inversement proportionnelle à sa disponibilité dans votre stock ;

• Tout fil câble électrique coupé à la bonne longueur est trop court ;

• Tout objet qui est laché tombe toujours à l'endroit le plus inaccessible ;

• C'est toujours lors d'une présentation publique que le réseau tombe en panne alors qu'il fonctionnait parfaitement pendant les essais ;

• Tout flacon contenant un liquide destiné à être transvasé communique avec le sol ;

• Tout ce qui doit casser, cassera, mais toujours au plus mauvais moment ;

Et la plus importante à connaitre : La "Loi de Murphy" est cumulative.

Il y en a de nombreux autres exemples et je laisse le soin au lecteur de compléter au gré de ses propres expériences. Je ne peux que vous conseiller de lire l'article qui y est consacré sur le site de l'Université Lumière Lyon 2 pour en savoir plus.  Cet article est plaisant.

Les Lois de Murphy - Comment est-elle née?

La "Loi de Murphy" est confuse de par son origine et son énoncé initial. C'est en 1949 qu'Edward A. Murphy Jr., capitaine de l'US Air Force, crée cette loi et indirectement toute une armée de lois dérivées anonymes ou non.

https://perso.univ-lyon2.fr

Les aiguillages K

Après cet apparté, retournons aux aiguillages. Le point de vulnerabilité de cette gamme d'aiguillages est la patte mobile au niveau des traverses. Je le sais bien pour avoir flingué quelques exemplaires dans ma pratique précédente. Et comme maintenant nous sommes des experts de la "Loi de Murphy", nous savons que "Si une goutte de colle doit tomber par inadvertance sur un appareillage ne contenant qu'une seule pièce qui doit rester mobile, elle tombera forcément sur cette pièce". Et ce qui est valable avec la colle l'est aussi avec la peinture.

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Photo 59 : Ballastage en cours sur un aiguillage élancé Märklin. Les traverses ne sont pas encore peintes et les voies non patinées. Noter la fosse sous la partie mobile. Source : letraindemanu sur Canalblog

Car les aiguillages, qui étaient jusque là protégés par de l'adhésif,  ne sont donc pas peints. Je vais remédier à cela en peignant les traverses. Personnellement, j'ai opté pour une peinture " brun wagon ancien" de marque ABE (réf 612). Je l'ai appliquée sur les traverses et les flancs de rails y compris des lames mobiles. 

Dans la lancée on poursuit avec la peinture des traverses et flancs de rails des éléments de transition. C'est de la voie C avec ballast plastique intégré. Cela requiert du soin, mais il n'y a pas de difficulté majeure. 

Lorsque cette peinture est sèche, on procède au ballastage des aiguillages K. La fosse créée dans le Depron© se situe juste sous les cinq traverses supportant les mécanismes mobiles. Cette fosse évitera à la colle de s'imprégner par capillarité et on y récupérera les graviers indésirables. On limite ainsi les deux risques : collage accidentel ou entrave mécanique de la patte mobile. Pour le reste de l'appareil de voie, on procède comme pour la pleine voie : Versement délicat des granulés, bon positionnement au pinceau sec, vaporisation d'eau mélangée avec une ou deux gouttes de liquide-vaisselle,  puis collage soigneux à la seringue. Rien de bien compliqué, il faut juste veiller à ne pas déposer de colle à proxymité des parties mobiles.

Pour le ballastage du lit plastique de la voie C, il faut recalibrer la quantité de grains nécessaire. En effet, les traverses étant déjà noyées partiellement dans le ballast plastique,  l'épaisseur disponible est moindre. Il faut des grains un peu plus fins. Là encore, on dépose et on colle comme pour les autres éléments. 

Pour les flancs de ballast, on fait de même, en ayant toutefois étalé au pinceau une couche de colle  pour faciliter l'adhérence des graviers sur ce talus assez pentu.

Je termine en passant délicatement un coton-tige imprègné d'acétone -  Ce produit dissoud la  colle  - sur la patte mobile de chaque aiguillage et je vérifie leur bon fonctionnement avec le levier manuel, ces appareils n'étant pas encore motorisés.

A la fin de cette séance, l'ensemble de mes voie est ballastée. Je vais pouvoir procéder à la patine, quand tout sera bien sec.

Emmanuel