Episode 2 - Maintenant que j'ai défini la surface de mon module (200 x 50 cm) et l'échelle de réduction (Ho), il convient de choisir le type d'alimentation électrique.

Puisque je reprends à zéro après quinze ans de sommeil - je n'ai plus aucun matériel roulant -, je me retrouve confortablement face au choix du débutant. Je vais donc de ce pas fouiner sur internet pour m'enquérir des nouvelles technologies et m'imprégner des pratiques actuelles des autres modélistes. Un autre point retiendra mon attention : Le marché du modélisme puisqu'il aura un impact direct sur mon budget.

I - Le système 3 rails : Plus qu'un système, une philosophie

Alors que le système 2 rails courant continu prédomine historiquement auprès des modélistes français, j'ai pour ma part été élevé au "biberon" Märklin dès mon plus jeune âge. C'est en effet le 25 décembre 1975 - le Noël de mes dix ans - que mes parents m'ont offert mon premier réseau composé d'un coffret de départ de l'emblématique marque allemande réputée pour ses nombreuses qualités : Fiabilité technique, robustesse mécanique, caractère ludique et efficacité du service après-vente.

wagon couvert GRS-V feu fin convoi

Photo 4 : Wagon couvert type Grs-v de la DB, doté d'origine d'un feu de fin de convoi. Référence Märklin Start-up 4411 acquise en 2017. Notez la visibilité inesthétique du frotteur sous le châssis permettant la captation du courant venant du 3eme rail. Source © letraindemanu 

Alors que mes petits camarades rencontraient souvent des problèmes de captation de courant sur les zones d'aiguillages de leur réseau Jouef, mon parc traction franchissait quant à lui mes appareils de voie - voie M au début, puis voie K - sans faille, ce qui est appréciable sur des réseaux oú prédominent les manœuvres. Et le jeu ! De même pour le câblage qui, en 3 rails, est nettement simplifié, là encore sur les zones d'aiguillages. Enfin, on note aussi la puissance de traction des locomotives Märklin y compris dans de fortes rampes, la fiabilité des attelages - "Relex©" à l'époque -,  l'adaptation aux courbes serrées de r36 cm, les attelages Télex© - dételage telecommandé -, les fuminènes, et fait très appréciable, quasiment jamais de panne. C'étaient des arguments de poids !

De 1975 à 2002, aucune de ma soixantaine de locomotives d'alors n'avait nécessité un retour en réparation. Tout au plus certaines étaient reparties chez mon détaillant en vue d'être digitalisées lorsque sont apparues les premières centrales "Control 80" et "Control 80f". A mon sens, la seule faiblesse technique de la marque était la fragilité de ses aiguillages en voie K, en particulier de la patte de ressort.

marklin_rail_courbe_electrique

Photo 5 - Élément de voie Marklin M typique des années '70 : ballaste métallique et rail central sous forme de picots. Source internet

Finalement, les rares inconvénients concernant Märklin étaient essentiellement d'ordre esthétique :

- Le 3e rail, central, était assez visible. Et même si la voie K a un peu attenué cette problématique, nous étions loin des standards imposés par les lignes éditoriales des revues spécialisées de l'époque. Le "modélisme d'atmosphère" nous y était édicté comme une nouvelle norme incontournable à laquelle tous ceux qui n'y souscrivaient pas, par choix personnel ou par manque de moyen, étaient immédiatement relégués aux rangs des citoyens de seconde zone. Ou presque. Même si j'étais admiratif de ces belles réalisations - et leurs auteurs méritaient nos compliments,  je reste convaincu que cette forme d'élitisme, en éludant l'aspect ludique de notre hobby, a découragé plus d'un pratiquant, et a de plus contribué - conjugué au contexte économique - au déclin de notre loisir. 

- Esthétisme toujours, mais teinté cette fois d'un brin de chauvinisme, Märklin proposait peu de matériel typiquement français. Pour ceux qui comme moi étaient tentés par ce type de matériel, il fallait saisir les rares modèles du catalogue ou recourir aux compétences d'un détaillant pour transformer un modèle 2 rails en 3 rails. Mais qu'importe ! Il y avait beaucoup d'affect dans ma pratique et mes achats étaient souvent impulsés par des "coups de coeur". Alors je n'avais absolument aucun scrupule a faire circuler des rames hétéroclites où se mélangeaient époques et compagnies.

- Esthétisme enfin avec des locomotives un peu moins bien détaillées que la concurrence puisque la plupart des engins moteur Märklin étaient fabriqués en métal. N'étant pas un "compteur de rivets", cela ne m'a jamais contrarié : le bénéfice des nombreux autres avantages primait sur cet inconvénient.

II - Digital or ont Digital ?

Du digital, je n'ai connu que les centrales "Control 80" et "Control 80f". Les locomotives n'avaient alors que quatre fonctions : fanal, bruigage moteur,  et selon le modèle, fumigène, Telex©, ou un son d'avertisseur. Bien qu'impactant sérieusement le budget, ces nouveautés technologiques offraient, au delà de la simplification du câblage, de nouvelles dimensions : paramétrages personnalisés - vitesse maximum, compensation de charge, accélération, décélération -  et surtout le son, apportant une véritable "présence" supplémentaire. Un véritable bonheur.

Centrale digitale Marklin Contol 80f

Photo 6 - Une centrale digitale Märklin Control 80f - Source internet

Pour moi qui ne possède plus aucune locomotive et qui n'envisage pas d'acquerir un parc supérieur a une dizaine d'unités - contraintes budgétaires obligent -, une centrale digitale d'entrée de gamme se justifie pleinement. Cet investissement me permettra de profiter pleinement des plaisirs du digital et me simplifiera les câblages. 

III - Et les prix dans tout cela ?

Lors de ma pratique précédente, il est évident que les engins moteur Märklin étaient plus chers que les produits de la concurrence. Mais la robustesse a un coût. Je me souviens d'un important dégât des eaux où plusieurs locomotives avaient pris l'eau. Après un bon séchage, toutes, sans exception, ont repris du service sans broncher. Alors, sans conteste, l'investissement était rentable. Les collectionneurs de la marque ne me contrediront sans doute pas.

Pour cette reprise, j'imaginais la persistence de tels écarts de prix. Et cela aurait sans aucun doute pu influencer mon choix définitif sur le systeme retenu.

Mais quelle ne fut pas ma surprise de constater que des locomotives a tender attelé - les machines les plus chères en général - de marque Jouef affichaient le même prix que des engins semblables Märklin. Delocalisations obligent, toutes les locomotives sont-elles sans doute construites dans les mêmes usines ?

Bref, le dernier critère qui aurait pu influencer mon choix n'a plus d'impact significatif. Le 3 Rails l'emporte haut la main face à son rival historique.

Pour ma reprise, ce sera donc du 3 Rails digital sur base Märklin.